Le microbiote vaginal, on en parle
Alors que le microbiote intestinal est le plus important et le plus étudié de nos microbiotes, les problèmes intimes liés à un déséquilibre de l'écosystème vaginal ne sont pas rares. Si vous souffrez d'inconforts, d'infections vaginales ou de vaginose cet article vous donne les clés pour éviter ce genre de désagréments. Si vous êtes confrontée à ces troubles de manière récurrente, un accompagnement micronutritionnel basé sur la recherche et la prise en charge des causes sous-jacentes vous permettra d'en venir à bout de manière pérenne. Ces informations n'ont évidemment pas valeur de diagnostic et ne remplacent en aucun cas les conseils ni les traitements prescrits par votre médecin.
L'écosytème vaginal :
Le vagin est une cavité élastique de 6 à 8 centimètres constitué de 3 couches :
- une couche muqueuse
- une couche musculaire
- l'adventice
Le vagin est dépourvu de glandes sécrétrices et le mucus vaginal est un transsudat plasmatique (un type de liquide corporel) composé principalement de glycoprotéines, de mucopolysaccharides, d'électrolytes et d'eau.
La préservation de l'écosystème vaginal est assuré par le transsudat plasmatique (mucus vaginal) qui va transporter les agents pathogènes. En outre la desquamation épithéliale de la lumière vaginale rend difficile la fixation des agents infectieux et la production de glycogène sert de substrat nutritif au microbiote vaginal composé majoritairement de Lactobacilles. Cet écosystème s'auto-régule.

Contrairement au microbiote intestinal dont la diversité est gage d'un équilibre appelé eubiose, le microbiote vaginal est idéalement peu diversifié. Celui-ci est dominé par la présence de LACTOBACILLES qui sont des bactéries productrices d'acide lactique. L'ensemble des micro-organismes qui constitue une flore vaginale relativement normale est appelé la flore de Döderlein en hommage au gynécologue allemand Albert Döderlein qui a décrit pour la première fois ces bactéries lactiques.
Notez que le mot "lactique" n'a rien à voir avec les produits laitiers. Ce terme signifie que ces bactéries produisent de l'acide lactique qui est une molécule produite par dégradation du glucose en l'absence d'oxygène.
De 50 à 300 espèces de bactéries composent le microbiote vaginal dont 70 à 95% sont des Lactobacilles selon le vaginotype. En produisant de l'acide lactique ces bactéries maintiennent un milieu à pH 4 à 4,5. Ce milieu acide constitue le principal mécanisme de défense contre la colonisation par des agents pathogènes.
Les principales dysbioses (déséquilibres quantitatifs et / ou qualitatifs) de l'écosystème vaginal sont les vaginoses bactériennes, les vaginites infectieuses, les vaginites inflammatoires non infectieuses. En cas d'inflammation de la vulve on parle de vulvo-vaginite. Des irritations et inflammations locales peuvent être causées par des phénomènes mécaniques, de contact ou autres.
Les infections urinaires sont souvent associées au déséquilibre du microbiote vaginal mais je ne les aborderai pas dans cet article.
Les Lactobacilles du microbiote vaginal :
Les Lactobacilles utilisent les oligosaccharides à chaine courte et le glucose généré par la dégradation du glycogène dans le transsudat pour l'énergie en laissant un déchet d'acide lactique et de peroxyde d'hydrogène H202.
Ces bactéries dominantes du microbiote vaginal sont responsables du maintien de l'écosystème vaginal par plusieurs mécanismes :
- les Lactobacilles entrent en compétition avec les pathogènes pour les nutriments
- les Lactobacilles bloquent les récepteurs épithéliaux des agents pathogènes
- elles génèrent diverses molécules telles que du peroxyde d'hydrogène H202, des lactacines et des acidolines qui métabolisent le glucose en acide lactique qui est responsable du pH vaginal dans une plage acide (entre 4 et 4,5) ce qui constitue le principal mécanisme de défense contre la colonisation par des agents pathogènes
- les Lactobacilles produisent également des bactériocines
- ces bactéries renforcent la réponse immunitaire en sécrétant de l'IL-8 et de l'IL-10 (les interleukines IL-8 & IL-10 sont des médiateurs de l'inflammation qui coordonnent la réponse immunitaire et la réparation des tissus)
A chaque femme son vaginotype :
La flore de Döderlein est donc composée majoritairement de Lactobacilles mais les communautés sont différentes selon les profils de microbiotes vaginaux. On parle d'entérotypes pour les profils de microbiotes intestinaux (entéro qui provient du grec énteron pour signifier "intestin") et de vaginotypes (du vagin) pour désigner les communautés dominantes dans le vagin. Le terme de CST - Community State Types - est également usité.
- Le groupe 1 est dominé par Lactobacillus crispatus avec un pH de 4
- Le groupe 2 par Lactobacillus gasseri avec un pH de 5
- Le groupe 3 est à dominance de Lactobacillus inners avec un pH de 4,4
- Le groupe 4 se divise en 2 sous-groupes : A avec un pH compris entre 4 et 5 et B avec un pH de 5,3
- Le groupe 5 est dominé par Lactobacillus jensenii avec un pH de 4,7
La majorité des vaginotypes est à dominance de L crispatus qui assure une forte protection d'acide lactique et assure le maintien d'un milieu pH le plus protecteur.
D'autres micro-organismes sont présents dans le microbiote vaginal (candida, Escherichia coli...).

Pour info, il sera prochainement possible d'évaluer le microbiote vaginal auprès du laboratoire LIMS grâce à l'analyse FEMIBIOTE. Le laboratoire BARBIER le proposera également.
Tour d'horizon des principaux perturbateurs du microbiote vaginal :
Nous avons compris que l'écosytème vaginal s'auto-régule de manière naturelle. Néanmoins, de nombreux processus peuvent déséquilibrer le microbiote vaginal et engendrer divers désagréments et autres inconforts intimes.
Rappelons que l'approche nutritionnelle et fonctionnelle repose sur une investigation entièrement individualisée qui s'intéresse à la personne dans sa globalité sans se focaliser sur son seul symptôme.
Pourtant, recourir à la prise d'antimicrobiens allopathiques ou naturels peut se révéler indispensable en cas d'infections fongiques ou bactériennes de l'écosystème vaginal. Mais s'intéresser aux facteurs pouvant perturber ce dernier et apporter des corrections d'hygiène de vie est incontournable afin de limiter les troubles causés par ce déséquilibre.
Les éléments perturbateurs peuvent être de nature exogène (hygiène de vie...) comme endogène (processus interne à l'organisme).
Le perturbateur le plus délétère est le tabagisme. Celui-ci va impacter péjorativement le statut immunitaire et altérer l'épithélium ainsi que les muqueuses, processus à l'origine d'infections urinaires et vaginales récurrentes. Notez que les infections urinaires sont la deuxième cause de maladies infectieuses après celles respiratoires.
La consommation d'alcool surtout régulière et en quantité non modérée aura des répercussions similaires.
D'autres facteurs d'hygiène de vie tels que l'alimentation de type Western-Diet, pauvre en nutriments essentiels tels que les fibres alimentaires et les précieux Oméga 3 et au contraire riches en composés pro inflammatoires, favorise les carences micronutritionnelles et une inflammation de bas grade. Ces processus engendrent des dysfonctionnements du système immunitaire. Celui-ci sera alors entravé dans sa capacité à contenir une prolifération de micro-organismes.
Un défaut comme un excès d'hygiène est à bannir. Les douches vaginales sont à proscrire définitivement ainsi que tout produit d'hygiène intime non indispensable. L'usage de parfum dédié à la sphère intime est une aberration. Ceux-ci n'offrent que des désagréments. Pour rappel le vagin est "auto-nettoyant" et il n'a pas absolument pas besoin de produits marketings divers. Le milieu pH du vagin étant naturellement acide il convient de choisir un savon adapté sans parfum ni ingrédients controversés.
Le port de vêtements trop moulants peut créer de l'irritation ainsi qu'une inflammation locale. Les tissus tels que le nylon ou le polyester retiennent l'humidité et créent un environnement propice au développement et à la prolifération des bactéries et des levures. Des textiles en coton idéalement bio offriront un meilleur confort et limiteront le contact avec des matières irritantes. Une lessive hypoallergénique est à privilégier.

Les tampons et serviettes hygiéniques vendues en grande surface font l'objet de préoccupations concernant la présence de molécules chimiques potentiellement toxiques dans certains produits. Les dernières enquêtes révèlent que ceux-ci peuvent contenir des dioxines et furanes (classés comme cancérigènes par l'OMS), des pesticides, des composés organiques volatils (COV) pouvant causer des irritations locales, des phtalates (perturbateurs endocriniens), des parfums synthétiques, de la rayonne (fibre nécessitant l'utilisation de produits chimiques toxiques pour sa fabrication), des plastiques et adhésifs pouvant contenir du bisphénol A et d'autres perturbateurs endocriniens. Et les protections intimes subissent un blanchiment au chlore. Eviter que ces molécules se trouvent en contact de l'écosystème vaginal (et pas seulement...) semble évident.
La cup menstruelle peut être perçue comme une alternative plus saine - chaque année, environ 45 milliards de serviettes hygiéniques sont jetées dan le monde - et plus économique. Mais la rétention de sang pourra perturber le pH vaginal car le sang a un pH plus alcalin que celui du microbiote vaginal normalement situé entre 3,8 à 4,5. Cet impact est généralement minime et temporaire. Le point le plus important est de procéder à une désinfection rigoureuse de la cup menstruelle avant et après chaque utilisation. Le mieux est de la stériliser afin d'éviter l'introduction de bactéries dans le vagin et de la vider toutes les 4 heures.
Le choix de serviettes hygiéniques ou culottes menstruelles en coton bio sera le plus respectueux du microbiote vaginal. Il conviendra de laver les protections à une température suffisamment élevée pour éliminer tout risque prolifératif de micro-organismes et d'en changer le plus régulièrement possible.
L'utilisation de sextoys peut favoriser l'introduction de bactéries externes ainsi que la croissance de germes pathogènes. Mal nettoyés, les bactéries, virus ou champignons présents sur les sextoys peuvent majorer les risques d'infections bactériennes et fongiques. Certains matériaux et lubrifiants associés peuvent créer des irritations et inflammations locales. Pour minimiser ces risques, il est indispensable de nettoyer rigoureusement ces objets avant et après chaque utilisation.
Les rapports sexuels multiples et non protégés vont modifier le pH et la composition du microbiote vaginal. Le sperme ayant un pH proche de la neutralité (pH proche de 7) va perturber le pH vaginal naturellement acide. Le niveau d'acidité protecteur se rétablira seulement plusieurs heures après le rapport sexuel.
Une intolérance à l'histamine peut causer des inflammations vaginales après les rapports sexuels non protégés. Le sperme est riche en spermines et en spermidines qui sont des polyamines. Les polyamines entrent en compétition avec l'histamine pour être dégradés. En cas de déficit en DAO (diamines oxydase > enzyme qui dégrade l'histamine extra cellulaire) cela induit une inflammation et une libération de radicaux libres qui vont entretenir et majorer l'inflammation locale. L'état inflammatoire et les molécules radicalaires libérées dans l'écosystème vaginal vont alors oxyder les spermatozoïdes pouvant impacter la fertilité. L'inflammation locale peut aussi engendrer une charge virale conséquente et favoriser la croissance et le développement du Papillomavirus notamment. Pour en savoir plus je vous invite à consulter le site du Dr Lucie WETCHOKO Histaminetmoi

Les contraceptifs, les spermicides et les diaphragmes intra utérins viendront également déséquilibrer l'écosystème vaginal. Les pilules contraceptives apportent des hormones de synthèse - principalement de l'éthinyloestradiol - qui engendrent des carences micronutritionnelles (en magnésium, en vitamines B6/B9/B12, en vitamine E, en vitamine C, en zinc, en sélénium, en Q10 et en glutathion) par surconsommation pour leur détox hépatique. A contrario on assiste à une augmentation des taux de cuivre et de fer qui exercent des actions pro inflammatoires en excès. Ces déséquilibres micronutritionnels sont à l'origine d'un fonctionnement altéré du système immunitaire qui lui aussi a besoin de vitamines et de minéraux pour assurer ses fonctions de manière harmonieuse. En outre, les hormones de synthèse à action contraceptive agissent en épaississant la glaire cervicale afin de bloquer l'implantation du spermatozoïde. La glaire cervicale assure protection et équilibre à l'écosystème vaginal en empêchant les micro organismes pathogènes de proliférer. La glaire cervicale contribue également au maintien d'un pH protecteur. Toute modification non physiologique de la glaire cervicale pourra entraver le système d'auto régulation de l'écosystème vaginal. Les dispositifs intra-utérins contiennent du cuivre ou de l'argent toxiques pour les précieux Lactobacilles. Les spermicides "attaquent" les membranes des spermatozoïdes mais aussi celles des Lactobacilles.
Le sport de haute intensité pratiqué de manière mal équilibrée pourra perturber l'écosystème vaginal en créant des phénomènes de macérations et parfois d'irritation locale selon les vêtements et les textiles portés. Le cyclisme (par une action mécanique) et les sports nautiques (chlore des piscines) peuvent majorer les perturbations de l'écosystème vaginal. L'activité physique intense pratiquée de manière excessive aura tendance a créer un état d'immunodéficience sur le long terme.
Des niveaux de stress mal régulés peuvent générer et entretenir un état d'hypercorticisme (une libération excessive et chronique de cortisol) et altérer la réponse immunitaire. Cela peut aller jusqu'à un état d'immunodéficience lorsque les glandes surrénales ont été trop et trop longtemps sollicitées jusqu'à induire alors un état d'hypocorticisme (une capacité réduite de synthétiser et de libérer du cortisol) qui viendra alors inhiber la réponse immunitaire.
La prise d'antibiotiques, d'antifongiques, de corticoïdes, d'immunosuppresseurs ainsi que les traitements par radiothérapie et chimiothérapie engendreront des effets délétères sur le microbiote vaginal. Il est évident que les traitements allopathiques ne sont pas contestables et sauvent des vies mais il est judicieux de savoir les utiliser à bon escient et d'en accompagner la prise le cas échéant. Les perturbations des radiothérapies et chimiothérapies peuvent survenir jusqu'à 90 jours après exposition par exemple. Il est bien connu que la prise répétée d'antibiotiques à large spectre va impacter péjorativement les Lactobacilles et d'autres bactéries d'intérêt du microbiote intestinal et vaginal, contribuant ainsi à majorer les états dysbiotiques. La prise d'antifongiques itérative aura la même action perturbatrice de la flore vaginale lactobacillaire protectrice. Ces prescriptions peuvent être utiles et justifiées en cas de dysbiose vaginale conséquente mais n'offriront pas de solution pérenne. Les rechutes sont fréquentes avec ces traitements qui peuvent engendrer une résistance aux antibiotiques et aux antifongiques par la formation de biofilms. Les biofilms présentent un vrai problème de santé publique. Ces derniers sont composés d'acides nucléiques, de protéines extra cellulaires, de phospholipides, d'acide teichoïque et d'exopolysaccharides. La présence de biofilm vaginal polymicrobien est associé à l'endométrite chronique (inflammation de l'endomètre) et aux échecs de l'implantation embryonnaire c'est-à-dire à un risque d'infertilité et d'échec de FIV.

La composition et l'équilibre du microbiote intestinal joue un rôle très important dans le maintien de l'écosystème vaginal. L'intestin est un réservoir de bactéries mais on ne retrouve pas toutes les Lactobacilles de l'intestin au niveau du vagin. Par proximité anatomique, certaines bactéries présentes dans l'intestin peuvent migrer vers le vagin. Le réservoir intestinal peut également engendrer une translocation bactérienne. Ainsi l'excès de certaines bactéries pathogènes (gram - porteuses de LPS) peuvent migrer dans la circulation sanguine et engendrer des conséquences métaboliques systémiques.
Le microbiote intestinal influence le statut immunitaire et peut impacter positivement ou négativement l'écosystème vaginal. Le microbiote intestinal produit des métabolites anti-inflammatoires comme les acides gras à chaine courte qui passent dans la circulation sanguine et peuvent moduler l'écosystème vaginal. C'est un processus protecteur. Mais le microbiote intestinal peut aussi perturber le pH du vagin en cas de dysbiose digestive induisant un état inflammatoire de bas grade. Nos microbiotes sont tous interconnectés via le système immunitaire et toute perturbation de l'un de nos microbiotes aura des répercussions systémiques.
L'ethnicité influence également la composition du microbiote vaginal car les femmes africaines ont un microbiote plus diversifié et moins acide par exemple.
Les variations hormonales et surtout la ménopause mais aussi le diabète et la constipation chronique constituent des facteurs péjoratifs pour l'équilibre vaginal.
Impact des variations hormonales sur le microbiote vaginal :
L'écosystème vaginal dont fait partie le microbiote vaginal évolue tout au long de la vie de la femme et se trouve sous la dépendance des variations hormonales.
Il est à noter que le vagin est l'organe qui présente la pus forte concentration de récepteurs aux oestrogènes dans l'organisme. Les oestrogènes jouent un rôle crucial dans la régulation du mucus vaginal.
La petite fille produit peu d'oestrogènes, son vagin est alors peu lubrifié ce qui offre des conditions peu propices à la croissance et à l'implantation des Lactobacilles dans le vagin. Le microbiote vaginal de la petite fille est principalement composé de bactéries cutanées et du microbiote intestinal. La puberté et donc l'âge fertile correspond à une sécrétion accrue d'oestrogènes qui vont créer des conditions favorables à la concentration de bactéries lactiques vaginales.

Les fluctuations hormonales qui se produisent pendant le cycle menstruel peuvent influencer la composition du microbiote vaginal. Oestrogènes et progestérone varient tout au long du cycle et chutent brutalement avant et pendant les règles. Le pH du vagin va également être modifié pendant la période de pertes menstruelles car le sang a un pH plus élevé (environ 7,4) que celui du vagin idéalement à pH de 4 à 4,5. Ces variations physiologiques n'impactent généralement pas de manière systématique la composition du microbiote vaginal. Par contre l'utilisation de contraceptifs hormonaux maintient des niveaux d'oestrogènes stables ce qui n'est pas physiologique (sans parler de la surconsommation de nutriments ni de la modification de la glaire cervicale évoqués précédemment).

L'arrivée de la pré ménopause et de la ménopause correspond à une forte diminution de la production d'oestrogènes. La densité de micro-organismes résidents passe de 10 millions à environ 100 000 par millilitre et le microbiote prédominant se déplace vers des bactéries intestinales et cutanées comme c'était le cas dans l'enfance. L'altération du microbiote vaginal est due à la baisse des Lactobacilles en raison de la baisse de glycogène résultant de l'arrêt de la fonction ovarienne et de la sécrétion d'oestrogènes. Peut s'ajouter à cela une atrophie de la vulve et du vagin qui peuvent provoquer un dysfonctionnement vulvovaginal. Les perturbations de l'écosystème vaginal en période ménopausique sont regroupées sous l'acronyme SGUM désignant un syndrome génito-urinaire de la ménopause.
Les traitements hormonaux substitutifs (THS) peuvent aider à maintenir ou à restaurer la production de mucus vaginal et réduire la sécheresse vaginale et les inconforts associés. Il est indispensable de recourir aux hormones bio identiques. Vérifiez cela avec votre gynécologue ou auprès de votre médecin fonctionnel.
La prise de plantes ayant des actions oestrogéno-mimétiques pourra se révéler suffisante pour compenser la chute hormonale de certaines femmes.
THS bio identique ou phytothérapie à action bio mimétique, il est indispensable de recourir aux conseils d'un thérapeute formé en hormonologie fonctionnelle surtout en cas d'antécédents personnels ou familiaux de cancer hormono dépendant.
Les solutions dans l'assiette pour préserver le microbiote vaginal :
Nous avons compris qu'un statut micronutritionnel non optimal impactera le système immunitaire qui sera alors moins performant pour se défendre contre la croissance et le développement de micro-organismes pathogènes. Et que la prise de contraceptifs majorent les besoins micronutritionnels.
Les conseils alimentaires porteront sur une consommation de glucides en quantité modérée et sur l'augmentation des fibres alimentaires si l'assiette n'en contient pas suffisamment. Les fruits et légumes frais - idéalement bio - permettront d'apporter les précieuses vitamines qui rappelons-le sont des molécules "vitales" dans le sens où elles doivent être impérativement apportées par l'alimentation. Limiter les excès de graisses de mauvaise qualité mérite d'être rappelé et consommer des laitages fermentés a démontré son intérêt dans la prévention des vaginites. Tout conseil alimentaire doit être individualisé, n'hésitez pas à vous faire accompagner si besoin.

Les compléments alimentaires validés pour préserver l'équilibre de l'écosystème vaginal :
Avant d'envisager la prise de compléments alimentaires il faut évidemment évaluer la composition de l'assiette. Comme leur nom l'indique les compléments alimentaires viennent compléter les apports alimentaires. Rééquilibrer les menus le cas échéant est la première des démarches santé. Des besoins nutritionnels peuvent être majorés en cas de malabsorption digestive ou / et de besoins accrus. Tout conseil de complémentation est idéalement proposé suite à un dosage sanguin qui évalue le statut micronutritionnel de la personne.
Les molécules documentées pour prévenir les dysbioses du microbiote vaginal sont les suivantes :
La vitamine A agira plutôt sur l'immunité innée alors que la vitamine D sur l'immunité adaptative. Ces deux vitamines liposolubles agissent en synergie et sont documentées pour optimiser la santé vaginale. La vitamine E est puissamment antioxydante et protégera la muqueuse vaginale en améliorant son élasticité. L'huile de germe de blé en est riche et le complément alimentaire le plus intéressant est la VIT.E+ NATURELLE proposée par le laboratoire NUTRI-LOGICS. La vitamine C naturelle des fruits et légumes crus est à prioriser car des apports non physiologiques risquent d'être convertis en oxalates. La vitamine hydrosoluble B9, le bêtacarotène, le calcium le fer et le zinc sont des nutriments protecteurs de l'écosystème vaginal. Attention, ne prenez pas de complément contenant du fer sans dosage sanguin au préalable car le fer libre en excès alimente l'inflammation. Un excès de zinc peut déséquilibrer la balance avec le cuivre. Toute complémentation et a fortiori supplémentation nécessite un conseil individualisé.
Quels probiotiques pour équilibrer l'écosystème vaginal :
La prise de probiotiques offre plusieurs avantages. Les principaux sont d'exercer un effet antimicrobien en abaissant le pH vaginal et en produisant de l'acide lactique. Celui-ci a une action bactériostatique qui protège de la croissance et du développement des micro-organismes. Les probiotiques produisent également un effet anti-adhésion des pathogènes et anti-biofilm. Ils exercent en outre un effet de co-agrégation avec les pathogènes les empêchant d'adhérer à la muqueuse vaginale.
Les souches validées pour équilibrer le microbiote vaginal sont :
- Lactobacillus rhamnosus GR1
- Lactobacillus reuteri RC17
- Lactobacillus plantarum PBS067
- Bifidobacterium animalis subsp. lactis BL050
- Lactobacillus rhamnosus LRH020
- Lactobacillus crispatus
- Lactobacillus jensenii
Votre thérapeute pourra vous conseiller différents produits. Pour ma part j'ai sélectionné ceux-ci :
La levure Saccharomyces boulardii CNCM1-745 est documentée pour accompagner les traitements antibiotiques et antifongiques et ainsi potentialiser leurs actions.
Là aussi, un conseil individualisé est indispensable et l'évaluation de la composition du microbiote vaginal est un outil précieux.

La prise de probiotiques peut se faire par voie orale et par voie locale. Les consignes à respecter sont différentes selon le mode d'administration.
- pour la voie orale : choisissez un produit contenant minimum 109 à 110 UFC (Unités Formant Colonies) et la prise peut aller jusqu'à plusieurs mois
- pour la voie locale : choisissez un produit contenant minimum 108 UFC (Unités Formant Colonies) et une prise entre 5 à 10 jours peut suffire. Parfois la prise de 5 à 10 jours peut être réitérée pendant plusieurs mois
Des pré biotiques pour le microbiote vaginal ?
Les bénéfices d'un apport de fibres prébiotiques sont largement documentés pour favoriser l'équilibre du microbiote intestinal. Ces fibres à action prébiotique servent de substrat aux bactéries d'intérêt. Elles arrivent non dégradées au niveau du colon où elles seront fermentées par les bactéries eubiotiques. Cette fermentation générera la production de métabolites bénéfiques tels que des acides gras à chaine courte (acétate, propionate, butyrate) et certaines vitamines qui auront des actions systémiques. Au niveau vaginal, c'est le lactulose qui se révèle le substrat le plus intéressant pour nourrir les précieuses LACTOBACILES. Ce disaccharide présente un intérêt particulier pour restaurer un écosystème dominé par Lactobacillus crispatus. Le lactulose est rapidement fermenté en acide lactique et ne peut pas être utilisé par le Candida ou d'autres pathogènes responsables de vaginoses bactériennes. La prise de lactulose -considéré comme un prébiotique- peut engendrer des fermentations digestives. Ne dépassez pas 10 g par jour. D'autres molécules comme le maltose, les polyphénols EGCG du thé vert, la lactoferrine (50 à 200 mg/j) et l'inuline ont également démontré des effets bénéfiques sur la composition du microbiote vaginal. Une application locale peut être envisagée associée ou non à la prise de probiotiques.
L'écosystème vaginal se révèle donc modifiable et ses déséquilibres peuvent être régulés en recherchant et en agissant sur les causes sous-jacentes. Chaque femme ayant son propre vaginotype, tout conseil nécessite d'être individualisé. C'est le principe fondateur de la démarche fonctionnelle et nutritionnelle à laquelle je suis formée.